Pendant longtemps, j’ai cru que le puits perdu était une solution simple, pratique et sans trop de contraintes pour évacuer l’eau. Une sorte de bon vieux système D qui fonctionnait « comme avant ». Mais en creusant le sujet — au sens figuré comme au sens propre — j’ai découvert que la réglementation sur les puits perdus est bien plus stricte qu’on ne l’imagine. Et pour cause : on parle ici de préserver les sols, les nappes phréatiques… et la tranquillité des voisins.
Alors que peut-on faire aujourd’hui ? Et surtout, qu’a-t-on le droit de faire ? Je vous explique tout ça, de façon claire et concrète.
👉 L’article en résumé :
Un puits perdu, ou puits d’infiltration, est une cavité creusée dans le sol, remplie de matériaux drainants (cailloux, graviers, buses perforées…), dont le but est d’évacuer l’eau dans le sous-sol naturellement.
Il peut être utilisé pour :
Car c’est là que la législation est très claire : seules les eaux pluviales peuvent encore être dirigées vers un puits perdu, à condition de respecter un certain nombre de règles.
⚖️ Que dit la réglementation aujourd’hui ?
J’ai consulté en détail l’arrêté du 21 juillet 2015, notamment son article 13, et la position des SPANC (Services Publics d’Assainissement Non Collectif). Et voici l’essentiel à retenir :
C’est une distinction essentielle à connaître, car beaucoup de propriétaires pensent à tort pouvoir raccorder un peu tout à un seul puits.
📏 Les distances à respecter pour un puits perdu
C’est probablement l’un des points les plus encadrés de la réglementation. Pour éviter toute contamination ou nuisance, le puits doit être installé à une distance minimale de :
💡 Ces distances peuvent varier selon votre région, alors je vous conseille vivement de vous rapprocher de votre mairie ou du SPANC local avant toute installation.
🚫 Ce qu’il ne faut surtout pas faire (et qu’on voit pourtant encore)
Dans mes recherches, j’ai croisé pas mal d’exemples d’installations non conformes. Et même si elles semblent fonctionner « sur le moment », elles sont souvent problématiques à moyen terme.
Voici quelques erreurs fréquentes à éviter absolument :
Le faire sans test de perméabilité du sol, ce qui conduit souvent à des inondations ou des remontées d’eau.
🛠️ Comment créer un puits perdu conforme ?
Si vous souhaitez aménager un puits perdu pour les eaux pluviales, voici les étapes clés que je recommande :
- Faire un test de percolation, pour évaluer la capacité d’infiltration du sol. En terrain argileux, mieux vaut oublier cette solution.
- Creuser un puits de 1,5 à 3 mètres de profondeur, selon la perméabilité du sol.
- Remplir avec des matériaux drainants (graviers, blocs béton, etc.) et poser un géotextile filtrant.
- Ajouter un regard de visite, pour surveiller l’état du puits avec le temps.
- Vérifier les pentes des canalisations, afin que l’eau y parvienne naturellement.
👉 Si le terrain est petit ou difficile, il peut être utile d’envisager une alternative comme une noue végétalisée ou des caissons d’infiltration.
📋 Faut-il une autorisation pour installer un puits perdu ?
Dans la plupart des cas, oui. Même s’il ne s’agit « que » d’évacuer l’eau de pluie, de nombreuses communes exigent :
Certaines zones sont même classées sensibles (zones inondables, captages d’eau potable…) : dans ces cas-là, le puits perdu peut être interdit.
💬 Mon avis personnel : attention à la fausse simplicité
Le puits perdu a cet avantage apparent : c’est discret, pas très coûteux, et facile à mettre en place. Mais mal dimensionné ou mal positionné, il peut devenir source de nuisances, voire de sanctions.
Et je ne parle même pas du jour où vous revendrez votre maison : un contrôle de conformité mal passé peut tout remettre en question.
✅ En résumé : le puits perdu, oui… mais en respectant les règles 🌿
Installer un puits perdu reste une bonne solution pour infiltrer les eaux de pluie, surtout quand on veut éviter de saturer le réseau ou d’avoir des flaques dans le jardin. Mais il ne faut jamais l’utiliser pour les eaux usées, ni improviser son emplacement ou sa conception.
Avant de sortir la pelle, je vous recommande donc de vous renseigner localement, de bien vérifier votre sol, et de prendre le temps de faire les choses dans les règles. Ce petit effort au départ vous évitera bien des tracas ensuite. 💧

Je suis Patrice, passionné de plomberie avec des années d’expérience dans le domaine. Sur Le Kit du Plombier, je partage des conseils pratiques et des astuces pour vous aider à réaliser vos projets de plomberie en toute simplicité. Que vous soyez débutant ou expérimenté, mes articles sont là pour vous guider pas à pas.



